Extrait de l’inventaire après décès de Joséphine Meunier née Palu – Étude Hersant à Saint-Cloud – 29.09.1836 (AD 92 – 3 E/SCL 99).
Deux soufflets de forge avec leur accessoire 200 F
Deux enclumes pesant 350 Kilogrammes 525 F
Deux étaux d’établis, estimés avec l’établi 60 F
Une mécanique à fraiser 15 F
Six marteaux à dauber 35 F
Cinq ferretiers et deux marteaux à mains,
20 marteaux de diverses espèces 42 F
Vingt deux paires de tenailles de forge 20 F
Un compas à cotes, 2 équerres,
3 paires de tricoises, 2 boutoirs,
1 vilebrequin, 2 clefs 10 F
200 fers 75 F
42 Kg ½ de poids en fonte 10 F
Dans la pharmacie
Un secrétaire 12 F
Deux tables et une chaise 8 F
Ustensiles de pharmacie et ferrailles 50 F
Une meule montée et son auge 5 F
2 bigornes, une tranche et une boulonnière 75 F
15 tarières, 2 tarauds, 1 cuillère, 3 gouges,
2 autres, 2 ciseaux, 5 fers, 1 essette 80 F
1 bâche et différents menus outils de charron
1 établi, 1 rabot, 1 valet et menus ustensiles 15 F
Dans la cour, à côté du jardin
Un lot de bois de charronnage 120 F
Un lot de jantes 15 F
4 vieilles roues non ferrées, 5 autres ferrées 60 F
1 paire de roue avec l’essieu 140 F
1 vieux cric 15 F
1 cage de voiture 25 F
auteur photo : Guilhem Dulous
Après avoir découvert cet inventaire, j’ai cherché à imaginer la vie d’Augustin Benoist Meunier dans cette forge.
Au fond, accolée à un mur, la forge constituée par une plate-forme carrée, en briques, légèrement creusée en son milieu pour recevoir le combustible et la pièce à chauffer.
Au dessus, une hotte raccordée à une cheminée pour évacuer les gaz de combustion.
Pour activer le feu, deux soufflets constitués de deux plaques de bois, l’une fixe, l’autre mobile, et reliées par une banque en cuir. Ce soufflet est actionné à l’aide d’un levier commandé par une chaîne et une poignée. Il est rappelé en position ouverte par un poids. La forge rougeoyante éclaire l’atelier. Les deux soufflets maintiennent le brasier à bonne température, tout près le tisonnier, le chalumeau pur attiser le feu, la pelle à charbon et les pincettes.
A côté de la forge l’enclume fixée sur un billot pour être à bonne hauteur.
Augustin immobilise le pied du cheval sur ses cuisses protégées du tablier de cuir.
A l’aide du rogne-pied, il fait sauter les rivets, soulève le fer avec les tricoises, et l’arrache d’un mouvement de bascule.
Les vieux clous sont extirpés au repoussoir. Il cure la fourchette, gratte cailloux et saletés. Augustin raccourcit le pied en enlevant l’excédent de corne, comme l’aurait fait l’usure normale. Il lime la corne grâce au boutoir. Les tenailles saisissent le fer incandescent et le portent sur l’enclume, chaque branche doit être forgée avant refroidissement. La forge retentit des coups. A l’aide du ferretier, le fer est ajusté. Le fer encore chaud est posé sur le sabot.
Une épaisse fumée âcre s’élève de la corne brûlée. Encore quelques coups de ferretier et voilà le fer plongé dans un bac d’eau pour le refroidir. Le fer est de nouveau appliqué sur le sabot. Le brochoir enfonce les clous. Augustin coupe leur pointe et les recourbe. Voilà notre cheval fin prêt.
Sources : Gé Magazine, métiers d’hier
Musée national des Arts et des Traditions Populaires
Métiers d’hier et d’aujourd’hui – Ed. berger-Chevreau


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